Marche #1 – le récit

Rendez-vous à l’église, l’occasion de visiter cette bâtisse immense, juste restaurée, pas tout à fait vacante, mais peu utilisée..! Nous contournons l’église et amorçons la visite par la Farandole… Michel Morel, élu très investi dans le projet, nous guide et nous fait passer par la petite porte, côté cuisine et restaurant scolaire où se retrouvent le midi les écoliers.. Une partie juste réhabilitée, avec un nouveau revêtement extérieur en bois qui réhabille la partie récente du bâtiment… 
Avant d’entreprendre la visite de ce grand bâtiment, J. Dixmérias commence par un rappel historique de la création de ce couvent, reconfiguré au fil du temps et mis à mal au cours de l’histoire par la révolution et les courants laïques… Occupés par des sœurs qui se sont longuement battues pour conserver leur institution, ce bâtiment fonctionnait comme un monde à part dans Job… Vivant en autarcie, les religieuses abritaient des écuries et entretenaient un jardin potager à l’arrière du bâtiment, espace qui offre un panorama remarquable sur le paysage. L’institution deviendra en 1907 jusqu’en 1970 une école libre regroupant trois classes primaires, réservées aux filles et une classe maternelle mixte. De nombreuses jeunes pensionnaires étaient issues des hameaux alentour et restaient toute la semaine sur place. Après cette passionnante perspective historique,  nous nous élançons dans les étages en friche…La déambulation dans les anciens dortoirs et salles de classe, est ponctuée par des souvenirs de classe de Benoit Reyrolle et son fils Michel témoignant notamment de ses missions spéciales qu’on lui confiait le soir : il allait faire les courses dans les commerces du bourg… Denise Vigny, ancienne monitrice, présente parmi nous, nous raconte son expérience pour les soeurs du bon pasteur et l’association ALTERIS. Lorsque l’école a fermé  la Farandole est devenue une colonie de vacances et un lieu de séjour pour un public handicapé. Ses souvenirs sont gais, ceux des fêtes entre monitrices et de jeux d’eau dans la cour… elle partage son attachement fort à ces lieux… Mais ce qui l’intéresse aujourd’hui ce sont les jardins et les Parcs… Elle souhaiterait rencontrer les jardiniers et ceux qui ont connu le parc des Mélèzes à ses heures de gloire…
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Et c’est reparti ! Le groupe s’étend et les discussions s’engagent de toute part… Ici les souvenirs se livrent plus librement, la pudeur s’estompant… Les anciens racontent et racontent leurs souvenirs encore prégnants, les autres questionnent, s’interrogent…
Au niveau de la maison de retraite, on ose exceptionnellement franchir le portail pour rejoindre le site des Mélèzes, ancienne station climatique, par l’entrée d’origine. Le bâtiment le plus ancien de la maison de retraite est bel et bien bâtiment originel d’accueil du site ! Une des employées, élue à la commune nous présente l’établissement dont l’aile la plus ancienne est en cours de rénovation… La maison de retraite n’est pas tout à fait pleine et a priori la concurrence entre établissements est de plus en plus forte. Mais si dans notre territoire vieillissant les clients ne manquent pas, il va falloir se renouveler !
Nous poursuivons vers le parc après un rappel de l’histoire de la création de ce lieu depuis le rachat du château par l’état belge pour abriter ses soldats blessés et gazés de la première Guerre Mondiale… Après une courte période de préventorium pour les femmes tuberculeuses, le site est racheté par l’Union Régionale des caisses maladie-maternité en 1938, pour la création d’un établissement saisonnier pour colonie sanitaire. En 1942 cet établissement devient permanent en accueillant en plus, une école de plein air. En 1946, la colonie sanitaire devient, avec l’autorisation du Ministère, un aérium. Un an plus tard, émerge en surplomb du château, 3 pavillons aménagés dans les règles sanitaires pour aérium. La transformation du site continue… En 1980 est construite une section de maison d’enfants à caractère sanitaire (MECS). L’établissement des mélèzes devient le «Centre climatique, médical et pédagogique» (CCMP)
Ce site de 35 hectares, encerclé par un mur de plus de 3 m de hauteur et fermé aux habitants de Job, mis à part les employés locaux, laisse cependant quelques souvenirs aux anciens habitants jobois 
« Moi je me souviens très bien de cette colonie de vacances parce que lorsqu’ils passaient avec les monitrices, ils étaient groupés par 20aine 30aine et il y avait une monitrice qui était chargée de cette équipe quoi et quand ils partaient se promenaient, c’était comme à l’armée ! Les monitrices les mettaient en rang et les faisaient chanter, ils partaient en chantant en allant sur la colline des Peux, je m’en souviens très bien ça ! (…) C’était des enfants un peu déficients qui n’étaient pas forcément malades, mais qui étaient un peu déficients et on pensait que venir passer l’été à job ça ne pouvait que leur faire beaucoup de bien, enfin en tous cas c’était patronné par la sécurité sociale » Jacques Dixmerias
 
« Les Mélèzes bon, pour nous c’était des bandes de gamins qui passaient dans les chemins et qui grimpaient sur les arbres, qui cassaient des branches, qui arrachaient des pierres des murs qui étaient comme des citadins en ville. Et ça ce n’est pas moi qui m’en souviens, mais un type qui m’en a parlé et des monitrices en short, qui venaient de la ville et donc ça faisait parti des attractions, bon a paris il y avait les folies bergères et là il y avait les monitrices de la colonie de vacances, enfin qui devaient être bien sage » Alain Mourlevat 
Le temps passe vite nous ne visiterons qu’un seul bâtiment, le plus grand des bâtiments vacants, nommé le bâtiment B… .la visite est émouvante avec le témoignage des anciens employés, tristes et émus de découvrir les lieux très abîmés, mais encore chargés… 
« Je ne travaillais pas ici, mais je venais ici parce que j’étais délégué du personnel pendant quelques bonnes années, donc tout ça ça m’ouvrait des portes ! Et je m’occupais de la sécurité incendie aussi comme j’étais pompier pendant 30 ans au pays alors ça me permettait de naviguer et de voir un peu tout ce qui se passait. […] j’étais un peu multifonctions, aux cuisines principalement, boucher, cuisiner. » Guy Tournebize
« Ici c’était la chambre pour la monitrice qui était de garde pour surveiller les dortoirs, quand c’était transformé en dortoirs l’été » Benoit Rayrolle 
Les novices sont impressionnés par ces lieux majestueux complètement délabrés…
Dommage nous ferons l’impasse sur le lazaret, bâtiment de quarantaine et infirmerie en cours de réhabilitation par la municipalité… un petit groupe se détache avec Juliane Court du PNR qui va visiter le chantier en cours…
On appelle le propriétaire de l’hôtel restaurant… Nous serons en retard ! Nous arrivons sur le site à 16H00… Le propriétaire nous confie la visite, mais est lui-même réquisitionné : un couple souhaite visiter pour leur neveu qui cherche à s’installer en restauration dans la région… La visite est là aussi fort intéressante avec les éléments historiques et familiaux de J . Dixmerias qui a vécu son enfance dans les lieux, puis ceux de jeunes et moins jeunes qui ont fréquenté l’établissement pour des fêtes variées et rituelles villageoises (mariages, baptêmes, banquets des pompiers, du foot ou autre) et bien sûr ceux qui sont venus user les bords du comptoir…
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« A mon avis [la construction] date de 1870, parce qu’en 1870 sur le recensement de la population il y avait pierre Vialon qui était aubergiste et boulanger et il était là donc c’est lui sans doute qui a fait construire et donc c’est 1970 ou peut être avant. Et donc après Vialon, Pierre Vialon avait deux filles, la fille aînée a épousé un couturier de Thiers M. Bessier et sa deuxième fille a épousé le petit mitron qu’avait embauché le père Vialon, donc mitron c’était l’apprenti boulanger. C’était jean Chantelose, il a épousé la fille Vialon… malheureusement cette jeune femme est morte prématurément et donc il s’est remarié avec une certaine Rechette. Enfin Jean Chantelose est devenu le propriétaire de l’hôtel des voyageurs […] Et donc en 1935, souhaitant prendre sa retraite il a trouvé mon père comme repreneur et donc mon père s’est installé là avec ma mère. J’ai passé ma jeunesse ici jusqu’en 1950 puisqu’à ce moment-là mon père est parti de là pour prendre l’hôtel terminus à Ambert. » Jacques Dixmérias 
Notre déambulation dans les différents espaces de l’hôtel sera l’occasion de partager pour certains leurs souvenirs autour de l’occupation dans les années 1995 d’un musée d’art et tradition peu attractif 
« C’était assez intéressant parce que la dame qui avait fait ça n’était ni ethnologue, ni costumière, ni Auvergnate, n’avait rien pour faire ça, que son envie, et elle l’avait fait, donc elle s’était documentée, elle avait reconstitué des petites scénettes de vie dans diverses situations dans la vie de la campagne telle qu’elle imaginait. J’en sais un peu quelques choses parce que mon père lui avait donné quelques objets de sabotiers qu’on retrouve ici. Qui était remarquable étant donné son absence totale de compétence. […] La différence c’est que pour le musée elle était très motivée alors pour la restauration  »  Alain Mourlevat
« Bah ils n’étaient pas du métier ! »  Jacques Dixmérias
La marche se termine au Bobar… pour se rassembler autour de café, chocolat chaud, sucreries… La journée n’est pas terminée ! Nous avons la chance d’avoir parmi nous  Catherine Gauthier, socio-anthropologue, qui nous présente son film « Sociologie de comptoirs, cafés cosmopolites » sur les cafés de Saint-Étienne… La diffusion de ce film a fait naître des échanges enrichissants et un beau témoignage de Joëlle la patronne du Bobar issue de l’immigration Polonaise qui a grandi dans la Loire et est venue s’installer à Job bien plus tard.
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La soirée se prolonge dans la joie et la bonne humeur autour des chansons « Les aventures galantes de Colette et Renard ». Un spectacle qui met en scène l’amour via des chansons d’amour….

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